Thème et citation présidentielle

Discours du thème du président élu du Rotary Internationnal

Mark Daniel Maloney
14 janvier 2019

Bonjour à tous ! Bienvenue à l’Assemblée internationale du Rotary 2019 à San Diego.

Chacun de vous a-t-il fait bon voyage ?

Je sais qu’il est fréquent de se plaindre de ses voyages, particulièrement aériens, mais j’ai toujours aimé voyager. Que ce soit en train, en avion, en voiture ou en bateau, j’adore me déplacer. J’aime cette stimulation, ces nouvelles possibilités, cette opportunité de voir des choses que je n’ai jamais vues, de rencontrer de nouvelles personnes.

On ne sait jamais ce qui va arriver, après que l’on a bouclé sa valise et passé la porte de chez soi.

Peut-être est-ce bien ainsi. Peut-être pas.

Il y a quelques mois, mon épouse Gay et moi-même avons vécu l’une de ces expériences qui peuvent mettre à rude épreuve l’optimisme du voyageur le plus enthousiaste (moi, en l’occurrence). Nous nous sommes retrouvés dans un aéroport où nous n’étions pas censés être, un jour où nous n’avions pas prévu de voyager, après nous être réveillés dans un hôtel dont, la veille encore, nous ignorions l’existence. C’était un de ces jours particuliers.

Mais le voyage est ce que vous en faites. Nous étions là, donc, avec près de six heures d’attente devant nous, dans l’aéroport international John F. Kennedy de New York. C’est un aéroport très fréquenté, où transitent environ 60 millions de passagers chaque année. Ils empruntent plus de 90 compagnies aériennes, pour se rendre dans la plupart des pays. C’est, dans bien des cas, la porte des États-Unis. Donc l’on y rencontre toute sorte de gens. Tandis que l’on attendait, j’ai dit à Gay : pourquoi ne pas nous promener et observer les passants ? C’est ce que nous avons fait. Nous avons arpenté le terminal, attentifs à chaque porte d’embarquement, chaque destination, chaque groupe de personnes en attente de leur vol.

Parfois, nous n’avions même pas besoin de regarder le tableau des départs pour connaître la destination du vol. Tel groupe était évidemment en partance pour Taipei, tel autre pour Moscou, ou encore, pour Le Cap ou Istanbul. Chaque salle d’embarquement était sa propre île humaine. Marchant dans l’allée centrale, nous étions à New York, dans un fleuve commun. Mais nous écartant du courant, nous accostions sur des îles. Nous étions déjà à Buenos Aires, à Paris ou à Tel-Aviv.

Une idée m’était venue, tout d’abord : « Tous ces gens différents, ces pays différents, réunis dans le même lieu. Cela ressemble au Rotary ! » Mais au fur et à mesure, j’ai réalisé quelque chose.

Cela ne ressemblait pas du tout au Rotary. Car tous ceux qui empruntaient le fleuve avaient une île en vue. Et chaque île restait une île. Ceux qui se rendaient à Taipei se parlaient entre eux, mais n’adressaient pas la parole à ces autres, en partance pour le Caire ou Lima. Les groupes qui embarquaient pour Amsterdam n’avaient rien de commun avec ceux qui embarquaient pour Lagos.

Comparez cela au Rotary.

Dans les jours qui viennent, non seulement vous rencontrerez des personnes du monde entier et vous leur parlerez, mais vous travaillerez ensemble, également, vous partagerez, vous deviendrez collègues et amis en vous préparant à vivre une aventure commune, l’une des plus belles de votre vie.

Aucun de vous, lorsqu’il a bouclé sa valise et passé la porte de chez lui, ne savait ce que lui réservait ce voyage.

Aucun de nous ne le sait à présent.

Mais je peux vous dire une chose. Le voyage est ce que vous en faites.

Et celui que chacun de nous entreprend, cette semaine – ce voyage que nous poursuivrons ensemble, tout au long de l’année rotarienne 2019/2020 et au-delà – sera ce qu’ensemble nous en ferons. D’où que nous soyons, quelle que soit notre langue, quelle que soit notre culture ou nos traditions, nous nous sommes rassemblés dans un seul but : construire un Rotary plus fort afin que les Rotariens, Rotaractiens, ainsi que tous les membres de notre famille rotarienne, puissent servir notre monde mieux que jamais.

Et ce rôle que nous avons à tenir, je voudrais vous en parler ce matin, dans l’attente de l’année rotarienne 2019/2020.

Au Rotary comme ailleurs, l’objectif d’un leader ne devrait jamais être d’accomplir tout ce qu’il peut accomplir. Un vrai leader devrait toujours viser à ce que chacun, autour de lui, accomplisse tout ce qu’il lui est possible d’accomplir. Convaincu que vous ferez du bon travail, je souhaite que chacun de vous réfléchisse tout particulièrement, cette semaine et par la suite, à ce qu’il doit faire pour que son district et ses clubs soient en mesure de faire de leur mieux. Votre rôle consiste à soutenir les membres du Rotary dans leurs clubs et à renforcer l’organisation. C’est votre rôle, c’est mon rôle, c’est celui
que nous partageons pour l’année à venir. Guidés par notre nouveau plan stratégique, nous travaillerons ensemble dans ce but : renforcer notre impact, augmenter notre portée, améliorer l’implication des membres et accroître notre capacité d’adaptation.

Et quatre priorités guideront notre travail.

La première est de développer le Rotary – développer notre service, accroître l’impact de nos actions, mais surtout notre effectif, afin que nos accomplissements soient encore plus importants.

Nous parlons abondamment de l’effectif du Rotary. Chaque année, nous évoquons les mêmes problèmes, de manière légèrement différente, peut-être. Le Rotary se développe rapidement dans certaines régions du monde. Mais dans de nombreuses autres, les changements que nous espérions n’ont pas eu lieu. L’année dernière, nous avons battu un record, au Rotary, que personne ne désirerait battre : le record du nombre de membres qui ont quitté notre organisation. Certains l’ont fait parce qu’ils n’ont pas vécu, au Rotary, l’expérience qu’ils attendaient. D’autres ont aimé le Rotary jusqu’à la fin de leur vie. Mais ils nous ont quittés, emportant avec eux leurs compétences, leur expérience et leurs qualités.

Attirer des membres pour remplacer ceux que nous perdons n’est pas la solution. Ce serait verser de l’eau dans un seau percé. Nous devons nous attaquer aux causes profondes de la défection de nos membres : un engagement de leur part qui n’est pas ce qu’il devrait être et un profil démographique de plus en plus agé.

Il est clairement temps d’introduire des changements fondamentaux. Nous savons, actuellement, ce qui s’oppose à ce que notre effectif soit plus engagé et diversifié. Il est temps de mettre ce savoir en pratique, de créer de nouvelles catégories de membres, d’ouvrir de nouvelles voies d’accès au Rotary, et d’affréter de nouveaux clubs Rotary et Rotaract là où les clubs actuels ne répondent pas à des besoins actuels. Ceci implique deux choses : s’assurer que les présidents de club mesurent l’importance de les développer et d’accroître l’effectif en général ; et d’autre part, veiller à ce qu’ils disposent d’une structure efficace pour le faire.

Étant donné que l’effectif est tout ce qui distingue un Rotary actif d’un Rotary en perte de vitesse, il est surprenant que tant de clubs n’aient pas de commission chargée de l’effectif, et que leur seule tactique, en matière de recrutement, consiste à exhorter les membres actuels à inviter leurs amis. C’est le plus sûr moyen pour que tous les clubs se ressemblent et la cause de notre absence de croissance depuis deux décennies. C’est d’une approche organisée dont nous avons besoin : un responsable Effectif de district dans chaque district, et une commission Effectif officialisée dans chaque club, composée de plusieurs membres aux profils différents, qui se tournent, méthodiquement, vers la communauté plutôt que les individus. Quels secteurs de la communauté, quelles fonctions, quelles professions ne sont pas représentés dans le club ? C’est vers eux qu’il faut nous tourner pour rechercher des membres à recruter.

Cette approche n’a rien de révolutionnaire. C’est l’une des idées les plus anciennes du Rotary. C’est ce que l’on appelle le système de classification. Il fonctionne depuis 113 ans et nous devons le redécouvrir et l’utiliser.

De plus, nous devons développer le Rotary en formant de nouveaux clubs. Non seulement là où le Rotary n’est pas implanté, mais aussi dans les communautés où il est en plein essor. Nous devons créer de nouveaux modèles de clubs offrant des expériences de réunion alternatives et de nouvelles opportunités de service. Et souvenez-vous, la création de nouveaux clubs Rotary relève de la responsabilité du gouverneur de district et du district.

La deuxième priorité pour l’année à venir est plus proche de nous que nos clubs, encore.
C’est notre famille.

Quand j’étais gouverneur de district, on me demandait parfois comment je parvenais à assumer mes responsabilités à la fois rotariennes et professionnelles tout en ayant deux petites filles à la maison. La réponse était simple : Gay et moi les emmenions avec nous. Elles ont non seulement grandi dans la famille Maloney, mais aussi dans la famille du Rotary. Ce fut une grande chose pour elles. Une grande chose pour nous tous. Et pour le Rotary, également, car cela signifiait que nous n’avions pas à choisir entre nos clubs et nos enfants.

Nous ne devrions jamais, au grand jamais attendre de nos membres qu’ils fassent un tel choix. Nous devons promouvoir une culture dans laquelle le Rotary n’entre pas en concurrence avec la famille mais lui est complémentaire. Cela signifie prendre des mesures concrètes, pratiques, pour changer la culture actuelle, être réaliste dans nos attentes, compréhensifs lorsque nous établissons nos emplois du temps et ouvrir aux enfants les événements rotariens, quelle qu’en soit l’échelle (jusqu’à cette Assemblée internationale !).

Nous ne pouvons pas modifier la démographie du Rotary si nous ignorons les réalités quotidiennes des membres qu’il nous faut principalement attirer : des professionnels plus jeunes, doués d’un esprit communautaire. Nous devons les rencontrer maintenant, à ce stade de leur vie – et leur souhaiter la bienvenue.

Et ceci me conduit à notre troisième priorité : tracer une route viable vers le leadership pour les Rotariens qui sont activement impliqués dans leurs professions.

Les fonctions de président de club ne devraient jamais être conçues comme exigeant trop de temps pour un professionnel très occupé. Et l’on n’attend pas d’un gouverneur de district qu’il prenne, avant tout, sa retraite. En considérant que les postes bénévoles sont des activités à plein temps, nous nous privons des contributions de ceux dont nous avons le plus besoin au Rotary, ceux qui ont, devant eux, des dizaines d’années de service et de leadership potentiel.

Il ne devrait pas être si difficile de gravir les échelons au Rotary. Il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi.

Nous pouvons rendre les choses plus faciles. Au Rotary, un grand nombre d’obstacles au leadership sont des obstacles que nous avons nous-mêmes créés, en ayant des attentes d’une autre époque, d’une autre génération. Il est temps de nous adapter, de changer notre culture et de faire comprendre que l’on peut être un grand gouverneur de district sans visiter chaque club individuellement, et un grand président de club sans se charger de toutes les tâches. Vous pouvez prendre les rênes dans l’année à venir, quelle que soit l’étape où vous en êtes, dans la vie. Entreprenez de changer la vision du leadership dans votre propre district.

Les trois priorités que je viens de présenter ont toutes pour objectif la santé interne de notre organisation, c’est-à-dire qu’elles portent sur la structure et les fonctions qui nous permettront de développer le Rotary. Mais le Rotary n’existe pas en dehors de la société.
Il vit au sein du monde qu’il sert – et il sert à unir ce monde.

C’est pourquoi notre quatrième priorité sera de mettre l’accent sur les relations historiques et pérennes du Rotary avec les Nations unies.

En 2020, tandis que le Rotary entrera dans sa 115e année, les Nations unies célèbreront le 75e anniversaire de leur charte historique. Ce sera également l’occasion, pour nous, de célébrer notre partenariat, par une série de conférences présidentielles qui auront lieu dans le monde entier, ainsi qu’en mettant à l’honneur les objectifs de développement durable auxquels le Rotary apporte une si grande contribution. Que nous menions des actions pour fournir de l’eau potable, améliorer la santé et l’éducation, ou apporter une stabilité économique aux populations les moins favorisées du globe, le Rotary partage l’engagement indéfectible des Nations unies à contribuer à un monde plus sain, plus pacifique et plus durable. Et le Rotary offre une chose sans égale, si on le compare aux
autres organisations : une infrastructure bien établie permettant à des gens du monde entier de se connecter les uns aux autres, dans un esprit de service et de paix, et de prendre des mesures constructives pour atteindre leurs objectifs.

Notre vision le dit : Ensemble, nous voyons un monde où les gens se rassemblent et passent à l’action pour apporter un changement durable – dans le monde, dans leur communauté et en eux-mêmes.

Nous passons à l’action – non seulement, nous voulons changer le monde, mais nous avons également la capacité de donner corps à leur inspiration, en générant un changement réel et durable.

Nous avons cette capacité parce que nous sommes qui nous sommes et en vertu de ce que le Rotary nous permet de réaliser.

Le Rotary nous permet de nous connecter.

Il nous connecte les uns aux autres, d’une manière profonde et constructive, par-delà nos différences. Il nous connecte à des gens que nous n’aurions jamais rencontrés autrement, qui nous ressemblent davantage que ce que nous n’aurions jamais pu imaginer. Il nous connecte à nos communautés, à ceux qui nous fournissent des opportunités professionnelles, à ces personnes qui ont besoin de notre aide.

La connexion est ce qui rend l’expérience que nous vivons au Rotary si différente de celle de parcourir le hall de l’aéroport JFK. Au Rotary, aucun d’entre nous n’est une île.
Nous sommes tous rassemblés ici – qui que nous soyons, d’où que nous venions, quelle que soit la langue que nous parlions ou les traditions qui nous guident. Nous sommes tous connectés les uns aux autres, nous faisons partie de nos communautés et sommes membres non seulement de nos clubs, mais de la communauté mondiale à laquelle nous appartenons tous.

Cette connexion est au coeur de l’expérience rotarienne. C’est ce qui pousse à rejoindre le Rotary. Ce qui fait que l’on y demeure. C’est en ce sens que nous allons développer le Rotary. Et ce sera notre thème pour l’année rotarienne 2019/2020 : Le Rotary connecte le monde.

Dans un monde plus divisé que jamais, le Rotary nous relie les uns aux autres. Cet appareil, dans ma main, nous relie au monde. Puisque chacun de vous à son téléphone pour enregistrer le thème de l’année 2019/2020, je vous demande de partager ce thème sur les réseaux sociaux. Prenez une photo, postez-la et faites savoir de quelle manière le Rotary vous permet de vous connecter au monde.

Grâce au Rotary, nous nous connectons à l’incroyable diversité de l’humanité sur une base réellement unique, grâce aux liens profonds et durables que nous tissons en visant un objectif commun.

Tandis que nous entamons cette aventure ensemble avec optimisme, courage et enthousiasme, nous savons que cette aventure voyage, comme toutes les autres, sera ce que nous en ferons. Envisageons cette semaine et l’année prochaine, dans l’esprit de service et d’amitié qui a inspiré des générations de Rotariens avant nous et en étant conscients que, grâce au service, à l’amitié et au dévouement, le Rotary connecte le monde.

Mark Daniel Maloney